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Actualités des Trophées

Trophées 2013 : Coris Bank International désigné meilleur soutien aux PME
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Le Général Tiémoko Marc GARANGO, Parrain des « Trophées 2012 » : « Les objectifs de promotion des PME sont nobles et dignes d’intérêt »

A la faveur de la tenue de la deuxième édition des Trophées des banques et établissement financiers des PME, le portail Burkinapmepmi.com est allé à la rencontre du parrain de l’événement, le Général Tiémoko Marc GARANGO. A 85 ans, cette haute personnalité burkinabè, le tout premier Ministre des Finances et premier Médiateur du Burkina Faso est l’une des rares à être distinguée de la médaille de Grand-Croix de l’Ordre National. Son Excellence (il fut plusieurs fois ambassadeur) a généreusement accepté de partager sa lecture des préoccupations majeures du monde de l’entreprise du Burkina et de la sous-région ouest-africaine.

Burkinapmepmi.com : L’actualité dans la zone de l’Union Monétaire Ouest Africaine de ce dernier trimestre de l’année a été marquée par le cinquantenaire de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Vous revenez de Dakar où vous avez participé aux activités commémoratives. Des débats ont porté sur « l’intégration monétaire et mutations du système financier international : défis et perspectives ». Que peut-on en retenir ?

Le Général Tiémoko Marc Garango : Il faut préciser qu’il s’agissait d’un symposium de haut niveau du cinquantième anniversaire de la BCEAO à Dakar les 5 et 6 novembre 2012 qui a été un centre d’échanges entre les spécialistes des banques centrales, d’éminentes personnalités des questions économiques, monétaires et financières et des décideurs sur la conduite de la politique monétaire dans une union monétaire, au regard notamment du financement de l’économie par les banques centrales.

A cette occasion, la BCEAO dont nous avons assuré la réforme en 1972-1975 devait dégager les enseignements de la conduite de la politique monétaire depuis cinquante ans et faire un bilan dans la mise en œuvre des projets visant à promouvoir un environnement bancaire et financier sain. Pour ce qui concerne la problématique du financement des PME, c’est le sous thème portant sur : « le rôle des banques centrales dans le financement du développement » qui fait apparaître que les banques centrales dans leur rôle d’émission et de régulation monétaire sont limitées dans leurs interventions en faveur des financements du développement et doivent être relayées par des politiques et des mécanismes de financement s’appuyant notamment sur les taux directeurs modulables de ces banques centrales pour définir la politique du crédit appropriée au contexte et à l’environnement des affaires.

Sous votre impulsion comme Ministre des Finances et du Commerce, vous avez créé un fonds de garantie et de promotion des Petites et Moyennes Entreprises (PME), domicilié à la Banque Nationale de Développement (BND). Quel fut son apport et que devient ce fonds de garantie ?

Il faut dire que le fonds de garantie et de promotion des petites et moyennes entreprises créé en 1974 n’existe plus à ma connaissance depuis fort longtemps et n’est plus qu’un lointain souvenir comme son support, la Banque Nationale de Développement (BND) qui a disparu ; ce fonds avait deux objectifs principaux : d’une part, garantir les prêts aux PME auprès des banques et d’autre part, renforcer leurs capacités et leurs compétences pour en faire des opérateurs économiques modernes, compétents et efficaces capables de se prendre en charge pour la bonne conduite de leurs affaires.

Le secteur privé se plaint toujours d’un accompagnement insuffisant du gouvernement, notamment les petites et moyennes entreprises. Avez – vous une lecture partagée de cette opinion ?

Ce que je puisse dire c’est que de notre temps dans les années 1970, il a existé outre le fonds de garantie une structure spécifique d’accompagnement des PME qui était l’Office de Promotion de l’Entreprise Voltaïque (OPEV) avec tous les mécanismes techniques, financiers et comptables correspondant à leurs besoins d’évolution vers un secteur formel moderne capable de générer des ressources et des emplois par une gestion rationnelle des affaires.

L’accès au financement est l’un des problèmes majeurs auquel est confronté le secteur privé burkinabè dont l’avenir repose sur les PME. A l’image de la France qui vient de créer une Banque publique d’investissement (BPI) dotée de 42 milliards d’euros pour non seulement accorder des crédits aux PME, mais aussi pour apporter des fonds propres (entrer dans le capital des entreprises), quelles solutions proposeriez – vous pour un financement adéquat des PME burkinabè ?

De mon point de vue, il ne sert à rien de multiplier des structures de financement des PME si c’est pour faire la même chose que celles existantes qui ne donnent pas satisfaction. Il faut donc faire preuve d’imagination et d’innovation comme certainement vient de faire la France en créant une banque publique d’investissement (BPI) dotée de 42 milliards d’Euros qui sont probablement des fonds publics gratuits déconnectés du système bancaire donc utilisables à volonté vers les objectifs définis. C’est pourquoi, j’estime que le dispositif de promotion des PME relève prioritairement de la responsabilité des pouvoirs publics et c’est ce que j’ai fait en son temps avec la création en 1974 d’un fonds de garantie et de promotion des PME avec des ressources budgétaires indépendantes du circuit bancaire. Dès lors, je pense qu’une structure combinant les objectifs d’un fonds de garantie doté de mécanismes appropriés avec ceux d’une institution de promotion technique et managériale pourrait convenir à la promotion des PME dans la résolution des problèmes qu’elles rencontrent pour leur épanouissement.

Soutiendrez – vous une idée de création d’une telle banque au Burkina Faso ?

Compte tenu de ce que j’ai indiqué ci – dessus, je peux affirmer que la création d’une telle banque au Burkina Faso est envisageable à condition qu’elle corresponde au schéma indiqué qui est l’octroi ou la garantie des prêts par des mécanismes appropriés et le renforcement des techniques et managériales des PME par des méthodologies adaptées.

Vous avez été aujourd’hui sollicité pour être le parrain d’une initiative qui promeut l’accès au financement des PME. Il s’agit des « Trophées » des banques et établissements financiers des PME au Burkina Faso. Pouvez – vous nous dire ce qui a motivé votre accord de parrainage et quel message souhaiteriez- vous transmettre par le biais de ces Trophées aux décideurs politiques et financiers et aux managers des PME ?

C’est sur la demande du Comité d’Organisation des « Trophées 2012 » des banques et établissements financiers des PME au Burkina Faso que j’ai donné mon accord de parrainage de cette manifestation parce que les objectifs de promotion des PME sont nobles et dignes d’intérêt et parce que j’ai été parmi les premiers à m’intéresser à cette catégorie d’opérateurs économiques vulnérables mais qui jouent un rôle très important dans l’essor du développement socio – économique du Burkina Faso pourvu que leurs capacités techniques, financières et managériales soient renforcées, modernisées et rationalisées. Pour atteindre cet objectif d’efficacité, des efforts sont nécessaires de la part des différents partenaires qui devront jouer chacun sa partition dans la recherche inlassable des solutions coordonnées les plus adaptées pour la résolution adéquate des problèmes auxquels sont confrontées les PME.

Les PME restent confrontées au manque de financement adéquat pour leurs projets, à un marché de plus en plus difficile d’accès. Dans ces conditions, comment doivent– elles comprendre votre devise « Toujours agir, ne jamais subir » afin qu’elles se prennent davantage en charge et qu’elles apportent leurs contributions au développement socio – économique du pays ?

En effet, ma devise qui est « Toujours agir et jamais subir » veut dire qu’il ne faut jamais être fataliste, qu’il ne faut jamais baisser les bras chaque fois qu’un problème survient sans faire l’effort de réagir vigoureusement pour trouver la solution au problème posé ; ce réflexe doit être instinctif, permanent, immédiat et efficace. Dans le cas du financement des PME qui nous préoccupe, les pouvoirs publics, les banques et les entrepreneurs des PME doivent travailler sans relâche à la recherche de l’amélioration continue et de l’adaptation à la situation pour apporter leur contribution positive à l’œuvre commune de promotion des PME au Burkina Faso et par conséquent, au développement socio – économique du pays.

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Interview réalisée le 12 décembre 2012 par Christian Koné et Hermann Nagalo, pour Burkinapmepmi.com

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Le Général Tiémoko Marc GARANGO, Parrain des Trophées 2012


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